La chute des géants

Publié le 17/03/2018

En 1911, les grandes puissances vivent leurs derniers instants d'insouciance. Bient√īt la guerre va d√©ferler sur le monde... Cinq familles - am√©ricaine, russe, allemande, anglaise et galloise - vont se croiser, s'aimer, se d√©chirer, au rythme des bouleversements de l'Histoire : la Premi√®re Guerre mondiale et la R√©volution russe. Cette gigantesque fresque d√©peint toute la gamme des sentiments humains et dresse une galerie de portraits saisissants. Des personnages exceptionnels, passionn√©s, attachants, tourment√©s, qui, en d√©pit des trag√©dies, bravent les obstacles et les peurs pour s'accomplir.

Le point central de l'histoire est la guerre 14-18; comment on y est arrivé (quoiqu'en prenant un peu le train en marche - on oublie toute la partie pré-20ème siècle). Pour une fois, le point central n'est pas la guerre en elle-même, mais tout ce qui tourne autour: quelles en ont été les conséquences avant, pendant et après, quelles nations ont été impliquées et pourquoi, comment les populations ont réussi à traverser cette époque (et ce, à différent niveaux de catégories socio-professionnelles - le comte gallois de Fitzherbert s'en sortira un peu mieux que 90% de la population de Petrograd...).

Petite proposition: mettez ça au programme de l'école, qu'on nous débarasse des Mésopotamiens et des Egyptiens pendant les premières années scolaires, et qu'on passe plus de temps à étudier les raisons pour lesquelles on en est ici, là, actuellement, maintenant.

La fiction est noy√©e dans les d√©tails historiques, √† tel point qu'on ne fait plus vraiment la part des choses entre l'Histoire et les petites ancedotes amoureuses et d√©convenues des diff√©rents personnages. Comme chacun des protagonistes appartient √† sa propre cat√©gorie socio-culturelle, cela permet de se mettre en situation et de r√©ellement suivre l'√©volution des mentalit√©s, des choses qui choquaient et de ce √† quoi la population aspirait: culture, gr√®ves, diplomatie, politique. Les grands noms sont cit√©s et jouent leur r√īle; les personnages fictifs se croisent et d√©peignent une partie de l'histoire que nous sommes tous trop jeunes pour conna√ģtre.

Nos officiers sont-ils des imbéciles ou des menteurs ?

Petit point bonus sur la description de la bataille de Somme, qui pourrait √™tre compar√©e √† la reconstitution du d√©barquement de juin 1944 mis en sc√®ne par Spielberg. Apr√®s 7 jours de pillonage, les Alli√©s attaquent les tranch√©es allemandes, pour ne gagner que 11 malheureux kilom√®tres √† la fin de la bataille. C'est dur, bien d√©crit, et on en vient r√©ellement √† prendre parti pour la Paix plut√īt que pour la guerre √† outrance, d√©clar√©e en f√©vrier 1916.

Bref, j'ai mis longtemps √† le sortir de son lit de poussi√®re, mais une fois d√©marr√©, je ne l'ai plus l√Ęch√©.