Luca
C’est un carnage individuel, avec quelques victimes, saupoudré de technologie, de génétique - comme Thilliez aime les utiliser (par leur sensationnalisme) - et de malsain.
Première partie
Le tueur (ou groupe de tueurs) est dans l’air du temps et prend à présent des victimes issues de Facebook, de manipulations génétiques et des réseaux sociaux. Le hic, c’est qu’autant les grandes sociétés de la Silicon Valley sont plus que probablement à l’origine de beaucoup de maux, ce ne sont pas ses utilisateurs qui doivent en être punis, mais bien elles. Sauf que le tueur ici s’en prend à des victimes plus qu’aux vrais coupables, et c’est ça qui fait que c’est un méchant.
Ce sera probablement le dernier Thilliez que je lirai (j’ai pas déjà dit, ça ?) : le couple Sharko - Hennebelle commence à accuser le poids des ans, les routines s’instaurent et il n’y a plus grand chose de novateur, juste du bashing sur la technologie, sur des thèmes qui mériteraient plus de la propagande, de la réflexion et une analyse approfondie, qu’un simple tueur détraqué en mode “schtroumpfs grognon”.
Et en même temps, Thilliez aborde la privation de vie privée vs technologie. Le fond est bien là ; je suis juste déçu sur la forme sous laquelle il se présente.
Deuxième partie
Puis j’ai abordé la deuxième partie. Et la, ça part sérieusement en cacahuète, sur fond de fin du monde (ça doit sûrement se factoriser ça… il y a trop de consonnes/syllabes similaires entre chaque mot 🙄) : le tueur de la première partie est en fait le cadavre que l’on découvre tout au début de l’histoire, et qui avait programmé (avec un programme informatique, donc) toute la suite, jusqu’à +/- la moitié du livre. Sauf qu’il n’avait pas prévu qu’il se ferait buloter (contraction de “buter” et “bouloter”) par un chien ayant subi une mutation génétique (faites une recherche sur “chien myostatine”, vous comprendrez).
Ici, les thèmes sont réellement pertinents : IA, mimic des émotions, prévisions et préventions technologiques, mises en garde contre les GAFAM et la technocratie qui se prépare, … Musk, Zuck et Page sont explicités (= explicitement cités) pour leurs dérives totalitaires.
Il est juste difficile de comprendre le rôle de la première partie dans tout ce bordel, et j’ai (de nouveau) l’impression d’avoir été balloté inutilement pendant 300 bonnes pages.
Cette fois-ci, cela parle (en 2020 !) d’IA, d’agents conversationnels, de vie et de morts sur les réseaux sociaux, de psyché humaine et de gestion des émotions. C’est touchant et flippant - surtout qu’étant six ans après, on est en plein dedans (et ça rime), et “on n’a probablement encore rien vu”.
Le monstre de Frankenstein, acte 1, version GAFAM et bioéthique, où des sociétés US décident de notre vision du monde - la caverne de Platon version 2.0.