UCC Dolores
Par le dessinateur de Lanfeust
A l’époque de sa sortie, rien que ce descriptif de “Par le dessinateur de Lanfeust” était suffisant à vendre une nouvelle série - potentiellement incomplète, potentiellement nulle, mais promise à de beaux dessins, réalistes quoi qu’un peu cartoon, avec des jolies filles et des décors somptueux.
Je vais parler ci-dessous du premier cycle uniquement, que j’ai acquis dans un ordre anti-logique (le tome 3 n’était pas disponible à la sortie du 4 ; j’ai donc acheté les tomes 2 et 4, puis le 3… quatre ans plus tard. Normal).
L’histoire promet un beau western de science-fiction, des dialogues qui ne tournent pas autour du pot, des personnages haut en couleurs et des retournements à la pelle, en ne sachant pas exactement où l’auteur veut nous emmener. On sent qu’il aime bien dessiner des filles - surtout leur poitrine - et que même s’il le fait bien, cela n’ajoute rien à l’histoire.
Le dénouement est assez épique, mais trop rapide à mon goût, avec de sacrés raccourcis, des scènes qui vont parfois trop vite et d’autres qui ne servent pas à grand chose, ou qui présentent des personnages dont la psyché aurait pu être intéressante, mais dont la mort arrivera bien trop rapidement.
On ne sait pas très bien si c’est pour montrer la cruauté du monde, pour du remplissage ou juste parce qu’il restait un fond de rouge chez le dessinateur. J’aurais tellement apprécié une profondeur plus grande dans certains personnages, autres que la jeune fille bien roulée mais un peu naïve vs. le vieil alcoolique blasé de tout : le personnage de Kash est probablement celui qui est le plus intéressant, et l’évolution de Mony est assez bien retranscrite - entre sa sortie du couvent et sa confrontation badass avec le gros méchant trois tomes plus tard, donc en quelques semaines réelles seulement.
À certains moments, je suis revenu une page ou deux en arrière pour m’assurer de ne pas en avoir ratées : le vaisseau arrive à la première page, et les occupants sont dans la forêt à la première case de la seconde page. Je me doute bien que l’atterrissage n’est pas un point primordial de l’histoire, mais ç’aurait été intéressant de ne pas faire croire à une ellipse temporelle entre deux pages.
Au final, je vais garder les trois premiers, mais ne pas continuer 😉 l’immersion est bonne, les dessins sont somptueux, j’ai bien aimé que la religion et la colonisation soient remises en question, mais j’aurais apprécié une psychologie plus fine de certains personnages, quitte à ce que cela prenne plus de place.
Je n’ai pas envie d’approfondir une histoire qui risque de tirer trop en longueur, et dans laquelle je ne me retrouve pas spécialement.