Morgan Freeman Edition
C’est marrant comme la science permet d’avancer tellement loin dans le détail. En 1993, on a eu Jurassic Park (vous vous souvenez ?), basé sur un roman pas si attentif que cela aux détails (ou alors, c’est ma traduction qui merdait), avec des dinosaures à écailles et quelques petits glitches, qui n’entachaient finalement pas tant le charme de ENFIN voir des dinosaures crédibles sur grand écran.
Après, il y a eu le passage en Jurassic World - et ses placements de produits - pour finir en beauté avec Mimie Mathy Scarlett Johansson combattant vaillament une réplique de jouet en plastique 1.
Quatre épisodes de 40-50 minutes, c’est assez peu que pour parcourir les trois périodes qui verront des dinosaures en vie. Mais ces épisodes apportent quand même quelques éclaircissements appréciables sur les dernières découvertes. C’est aussi une rapide mise en scène de ce que Steven Brusatte avait décrit dans The Rise And Fall of Dinosaurs, sans réelles nouveautés. Je me rappelle d’avoir (relativement récemment…) un autre documentaire (Life on Our Planet) qui décrivait notamment le comportement de meute des tyranosaures (les plus jeunes en attaque vs les plus âgés en embuscade). Si je retrouvais ce docu, je le conseillerais en priorité… Ici, la version Netflix est plus pour les geeks en manque d’images nouvelles que pour les férus de science nécessitant les résultats de recherches les plus récents. Intéressant, flippant à souhait (à certains moments), mais avec un “petit goût de trop peu”, malgré des scènes somptueuses et une très belle mise en scène 😉
Trias
Le premier épisode couvre la Terre il y a 325 millions d’années - puis sur le Trias qui couvre plutôt -250Ma à -201Ma, avec la Pangée et plusieurs reptiles, comme l’expliquait déjà Steve Brusatte. J’y découvre plusieurs espèces, comme Luperosuchus, Marasuchus ou des saloperies de plus de 6 mètres de long bourrées de dents. Marasuchus serait l’ancêtre des dinosaures tels que nous les découvrons encore aujourd’hui. Un petit être vivant de la taille d’un pigeon, qui donnera des millions d’années plus tard, des descendants de la taille d’un pigeon 👍
Life
always finds a waycycles through years.
Mais si les dinosaures ont pu prendre le pas sur les reptiles, il a fallu un brin d’intervention météorologique. Voir le Carnian Pluvial Event, l’équivalent de l’Arche de Noé version non-biblique 2. Ces tempêtes d’eau feront que les familles de fougères (datant déjà du dévonien !) seront moins accessibles pour les reptiles herbivores de l’époque, ce qui aura ainsi une incidence sur la pyramide alimentaire (nutriscore A pour tout le monde, mais mode veggie encore peu répandu).
Les premiers “grands” dinosaures seront les Plateosaurus - premiers herbivores à atteindre 7m de long (et à avoir une technique de gros bourrins pour nourrir leurs rejetons), aidés par les procompsognatus (de la taille d’une dinde), mais qui ne seront pas encore au top de la pyramide alimentaire : les reptiles primitifs squattant toujours la première place du podium des carnivores. C’est sympa d’intégrer les dernières trouvailles, mais avec une mise en scène parfois un peu trop putaclic : montrer une énoooorme flaque de sang suite à l’ingestion d’un procompsognatus par un reptile primitif, c’est un peu gonflé : le machin fait la taille d’une chips, sans compter que l’eau est sensée est bourrée de remous … “Oh my god, y’a du sang partout ! Quel gros carnage” - alors qu’en vrai, c’est au pire, un petit craquement d’os et un coup de cure-dents dans la gueule du crocodile 🙄
En -200Ma, on trouve des ptérosaures, ainsi que le début du règne des dinosaures - dont le plus grand cernivore de l’époque est Liliensternus, qui fait deux fois la taille d’un grizzly., avant que les mouvements de croûte terrestre ne redonne un deuxième petit coup dans les fesses gelées des grandes découpes de l’Histoire : vers -201Ma, la Pangée se fissure, des gaz toxiques envahissent la surface et tuent des millions de bestioles, ainsi que trois quarts des plantes. Moins d’air, moins à bouffer = moins de gros monstres. Et on peut ajouter une première extinction de masse, qui mettra fin au règne des reptiles primitifs - et laissera un boulevard à l’évolution des dinosaures, plus aptes à s’adapter.
Next step : le Jurassic
Les ptérosaures ont survécu, la Pangée s’est fissurée en deux continents (Laurasia et Gondwana) remplis de forêts et peuplés de dinosaures tout neufs (dont Vulcanodon ou Massospondylus), dont les sauropodes, mais également des petits dinosaures bourrés de spécificités (poches de joues, pouces préhensiles, … comme Heterodontosaurus, cousin des stégosaures ou tricératops).
Au nord, en Laurasia, ce sont plutôt des marécages remplis d’anciens reptiles, dont la suprémacie a été usurpée. Au pif, on y trouve des dilophosaures, qui se nourissent des reptiles pré-cités.
La prochaine étape pour la Terre sera la libération de méthane depuis les fonds marins. Ce gaz va entraîner un réchauffement climatique extrême. Moins de plantes, plus de sécheresse, et 17 millions d’années d’existence pour Massopsondylus, qui se termine en feux de forêts - un peu comme les US cette année.
Encore 20 millions d’années plus tard, aux alentours de -160Ma, le climat s’est refroidi. Les sauropodes écrasent tout dans la famille des gros herbivores, tandis qu’Anchiornis (une sorte d’Archeopteryx) se voit pousser des plumes et des débuts d’ailes. Un peu comme certains écureuils, capables de planer entre deux arbres. Ils n’égalent cependant pas les ptérosaures, qui règnent toujours sur les cieux.
La fin du Jurassic verra arriver des périodes très froides… et les premiers tyranosaures 🥳 … suivies par un nouveau réchauffement, grâce/à cause des volcans.
Crétacé
Avec une nouvelle période de réchauffement, les dinosaures qui étaient taillés pour le froid (coucou, Yutyrannus) ont du mal à s’adapter au nouveau climat et vont inéluctablement disparaître.
Vers -113Ma, ce sont les fleurs qui vont apparaitre. Et comme elles n’ont pas envie de finir en tapioca pour herbivores, elles vont mettre ce qu’elles peuvent en place pour survivre : épines, aiguilles et poisons divers, qui mettront un terme à l’hégémonie des stégosaures.
Le crétacé verra aussi le plus haut niveau de l’eau, dû aux mouvements de tectoniques plaques terrestres. Dans un monde autant séparé par les océans, l’évolution prend différentes tournures :
- Le docu aborde les micro-sauropodes de l’Europe, à ce moment-là constituée d’un archipel où l’isolation a totalement déformé l’évolution : Magyarosaurus est un sauropode qui fait ainsi la taille d’un gros poney, qui n’a pas grand chose à faire face à un ptérosaure de la taille d’une giraffe (Hatzegopteryx). C’est mégastressant, on dirait l’épisode où le CPU passé à 100% dans The Phoenix Project. J’ai mis ce passage 42x sur pause, pour ne pas voir le pauvre petit sauropode finir en sushi.
- De l’autre côté, dans les marais et marécages, on trouve Spinosaurus, un des plus grands carnivores ayant jamais vécu (15m de long, la taille d’un bus, tranquillou), et ayant évolué pour pouvoir aller chasser en mer - la planète étant pratiquement totalement couverte d’eau, il ne reste pas beaucoup d’options pour les “gros” dinosaures que d’aller chasser du gros gibier - requins en tête.
En Amérique du Nord, on trouve l’ancêtre du pingouin (Hesperornis) - dinosaure de son état, palmipède, maladroit sur Terre mais adroit sous l’eau… Juste qu’une fois rassassié, il doit retourner respirer … et servir de repas à plus gros que lui (mosasaure en tête).
Sur la Terre, à la fin du crétacé, c’est Ankylosaure vs T-Rex (mais pas en meute ? 🤔) sous une pluie battante, digne d’un duel de Pokemon. 3 Après, c’est pluie de feu, cendres partout … et fin des dinosaures.