The Forgotten Battle

Dunkirk version NL

C’est comme Dunkirk, mais du côté de Breskens, avec comme objectif de prendre Arnhem, en passant par Walcheren. La géographie est super bien expliquée (et l’introduction est probablement la meilleure explication du débarquement que j’ai vue), tandis que les méthodes de close-combat, tranchées, chars d’assauts sont extrêmement bien représentés. C’est stratégique plutôt que romancé.

On y trouve de tout : avions, planeurs, … Le film a un peu de mal à placer tous ses personnages (il y en a beaucoup) et ne démarre réellement que lors du lancement de l’opération Market Garden :

L’opération Market Garden était une offensive militaire des Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale, qui a eu lieu du 17 au 26 septembre 1944. C’était un plan ambitieux visant à percer le front allemand aux Pays-Bas, à atteindre la région de la Ruhr et à mettre fin à la guerre d’ici Noël 1944. Le plan combinait des parachutages de troupes avec une avancée rapide des troupes au sol pour sécuriser des ponts stratégiquement importants sur le Rhin inférieur.

William va atterrir dans son planeur, avec son capitaine amoché et quelques soldats. Le rôle des planeurs est assez intéressant, parce qu’il permettait de déposer une section d’assault complète, plutôt que de larguer quelques parachutistes sur une longue ligne, qui devaient ensuite se regrouper - potentiellement sans matériel. Avec un planeur, la section est au complet dès l’atterrissage (s’ils y arrivent.. 🫠). Dans le cas de cette opération, le rôle de planeurs a été poussé à son paroxysme, et les pertes ont été énormes.

C’est un film historique, dans la même veine que Saving Private Ryan, Masters of the Air ou Fury. Le récit est réellement complexe, loin des résumés synthéthiques ou “trop rapides” : c’est réel, crédible, tandis que l’histoire est lente et concrète. La résistance n’était pas composée uniquement d’enfants de choeur, tout comme la Kommandatur n’était pas une ABSL à vocation humaine. La guerre, ce n’est pas juste faire pan-pan comme dans Call of Duty (contrairement à ce que Trump voudrait nous faire croire au Moyen-Orient), où la survie tient plus à la chance qu’au talent. Il y a un flou colossal dans la psyché des personnages : rien n’est simple, et c’est l’éthique et les valeurs personnelles qui priment.

Côté stratégie, cela dépend tellement de la logistique, de la géographie, du moral des troupes, … Tout ceci est tellement bien retranscrit dans le film.

Côté jeux vidéos, cela m’a fait penser à Operation Flashpoint de 2001, dans lequel la stratégie était parfois de fuir, et où une balle mal placée 1 suffisait à annihiler une mission de plus d’une heure. La futilité du combat, des décisions de la hiérarchie et la rapidité avec laquelle des vies peuvent disparaitre est assez effarant, mais tellement vrai, et parfaitement retranscrite ici : ils SAVENT que traverser le pont va transformer le buccolicité du paysage en une triperie, mais ils le font quand même. Obey orders. Ah non, en fait Retreat : la scène de la (non) prise du pont est tellement symbolique, presque au niveau des guerres Napoléoniennes dans la proximité des combats et dans la violence gratuite, jusqu’à ne pas hésiter à tuer un compatriote appeuré, plutôt que de faire preuve d’empathie.

Aucun des deux camps ne vaut finalement mieux que l’autre lorsqu’il s’agit de sacrifier des vies, la stratégie consistant plutôt à arriver en surnombre, en espérant qu’il y en ait au moins un qui passe.

On est très loin du film hollywoodien classique, avec un héros badass qui déjoue une armée à lui tout seul. Tant de désolation et de destruction…


  1. Dans la tête, généralement. ↩︎