Ubuntu

“La meilleure façon de juger une distribution, c’est de l’utiliser. Pas de la critiquer depuis le canapé.”

Jusqu’à présent, je le suis toujours méfié d’Ubuntu à cause du SnapStore et de quelques choix techniques chelous.

Suite à l’article de @framapiaf.org@gee sur #flatpak (https://grisebouille.net/lhdg32-mes-excuses-a-flatpak/) - Flatpak et Snap partageant plusieurs concepts - peut-être que je peux passer au dessus de mes préjugés et profiter de ce qu’une distribution offre nativement plutôt que de la rejeter en bloc pour des raisons futiles ou incomplètes.

L’objectif aussi, c’est de pouvoir conseiller une distribution en toute connaissance de cause pour l’avoir utiliser moi-même pendant une période suffisamment longue, plutôt que de la dégager pour des raisons qui n’engagent que moi (et à grands coups de #distrohopping) 👌

Philosophie

Petit coup d’œil sur le côté philosophique d’Ubuntu : société londonienne mais avec capital états-unien, distribution relativement fermée, outils en closed source (Bazaar, Launchpad, …), stratégie progressiste mais souvent à côté de la plaque (Snapd, Unity, upstart, …). Accessible, mais de moins en moins “originale”, et de plus en plus basée sur du GNOME-vanilla, au point que les prochaines versions ressembleront de plus en plus à GNOME et de moins en moins à Unity.

Les paquets Snap sont installés pratiquement par défaut - y compris pour Firefox - et Ubuntu semble être la seule distribution qui en force l’utilisation - la technologie étant bien disponible pour d’autres distributions, aucune autre qu’Ubuntu ne semble le proposer nativement. Il s’agit donc d’une décision relativement isolée, et qui n’est pas réellement en adéquation avec le reste de la communauté - les autre distributions se tournant généralement vers Flatpak ou vers d’autres politiques.

En termes de popularité, je pourrais la comparer avec Fedora, si ce n’est que cette dernière représente beaucoup plus ce que je n’apprécie pas trop dans le Logiciel Libre (mate les majuscules…) : mon ressenti est que RedHat, racheté quelques milliards par IBM, utilise Fedora comme bac-à-sable pour ses distributions “Enterprise” type RHEL, et que le coup qu’ils ont joué à CentOS m’a un peu refroidi, ainsi que leur stratégie d’étouffement des alternatives “compatibles RHEL”, mais quand tu injectes 34 millards dans une société, c’est pas juste parce que tu aimes bien la couleur de son chapeau. Ubuntu, de son côté, reste une société dont la politique reste relativement opaque, dont il manque quelques patchs upstream, mais dont l’apport au logiciel libre reste indéniable.

It works

Une fois le système installé, il “juste marche” : et s’il manque quelque chose, il suffira de l’y ajouter sur base du système ou via SnapStore. Une fois démarré, le système est vraiment rapide, bien conçu. Les extensions GNOME (parce que GNOME Vanilla, c’est un peu vide…) sont bien intégrées, bien choisies et discrètes : un dock sur la gauche pour imiter Unity, un “Mission Control”-like en bas à gauche, … C’est sobre et fonctionnel.

Pour parfaire mon utilisation, j’ai installé uniquement les outils de base, fournis avec la distribution. Je suis passé par le SnapStore pour Signal, Bitwarden, VLC, Transmission, Draw.io et Joplin. kDrive reste au format AppImage.

Un truc qui me dérange - et je reviens à Snap - c’est que les applications peuvent se mettre à jour lors de la fermeture - ce qui me fait plus penser à un comportement “Windowsien”, qui tombe a priori souvent au mauvais moment (ou, reformulé : “qui pourrait tomber au mauvais moment, ce que je ne veux pas”). Mon souhait de fonctionnement est que les mises-à-jour de sécurité soient installées de manière totalement silencieuse, et que les mises-à-jour applicatives ne le soient que via un petit popup discret en mode “Si tu veux de nouvelles fonctionnalités, clique ici quand tu en auras le temps”, épicétou.

Jusqu’à ce que…

Après une semaine d’utilisation, apt update n’avait toujours pas tourné, alors que je m’attendais à ce que ce soit automatique. Côté snapd, j’avais par contre déjà reçu plusieurs mises-à-jour de paquets (Firefox, …), ainsi qu’une mise à jour du firmware du laptop.

Après la mise à jour du snap de Signal, l’appli n’a plus jamais fonctionné :

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On voit bien que Snap est sandboxé, mais partout, et aussi que ce n’est pas infaillible, malgré de s’être connecté à un canal “stable”. L’erreur indiquant un problème de permissions GPU, je ne me voyais pas commencer à débugger. Bref, désinstallation, réinstallation et reconfiguration. Quand c’est moi qui chipote, je n’ai aucun problème à réparer mes conneries, mais quand c’est le système qui m’impose / propose des changements, et que ces changements ont un impact sur mon environnement, c’est moins bien.

J’ai aussi voulu installer Gnome-Calendar (genre pour le boulot, avec un compte Exchange, histoire d’avoir une vue un peu ergonomique sur les prochains rendez-vous). La dernière version dans le Store n’a jamais voulu s’installer, et était en encore en version 44 - alors que tout l’environnement Gnome se base sur la dernière version 49 :

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Ce qui me fait penser que pour une utilisation bureautique, ce n’est pas pour moi : il y a trop de bidouilles, de paquets isolés, … pour avoir traîner quelques fois sur les forums de la distribution, j’ai souvent vu comme solution d’installer un dépôt tiers et de croiser les doigts pour que tout fonctionne avec des bouts de ficelle qui font penser à AUR, mais sans la responsabilité de vérifier ce qu’on installe.

My point

En serveur, je suis super content de la distribution : les sauts de versions sont super facile, la distribution en LTS est super stable (installée en 18.04 et suivie systématiquement dès que la version .1 ou .2 suivante était dispo). En desktop, j’accroche moins. Ou je devrais basculer vers une LTS également, ce que je ne ferai probablement pas 😉 et qu’elle contient quelques petits trucs que je n’apprécie pas spécialement - principalement sur les paquets Snap ou deux-trois bricoles qui restent collées à ta chaussures et dont on cherche à se débarasser.

My point : pour un vrai pied dans la porte du monde GNU/Linux, Linux Mint me semble être le parfait équilibre entre fonctionnalité, accessibilité et choix techniques : base Debian, “fraîcheur” des paquets Ubuntu, et pas de store chelou ou de méthodes alternatives de maintien du système , que ce soit pour des barbus chevronnés ou des débutants complets, tant elle “juste marche”.