Borderlands

Publié le 22/11/2010

Borderlands, c'est un peu le mi-chemin entre Diablo, Fallout, saupoudrĂ© d'un zeste de XIII, avec une pincĂ©e de Crysis et un soupçon de Portal. Un peu le cas typique d'un western post-apocalyptique. On ne se prend pas la tĂȘte, on fonce dans le tas, tout en enchainant les missions et en esquivant les ennemis un peu trop forts pour notre niveau actuel. Ça, c'est pour le cotĂ© Diablo. On dirige le perso dans un monde complĂštement dĂ©vastĂ©, en faisant deux trois missions Ă  droite Ă  gauche avant de se farcir le gros monstre qui nous fait regretter de ne pas avoir traĂźnĂ© entre deux quĂȘtes pour passer un niveau ou pour choper une arme un peu plus balĂšze. Vous l'aurez compris, on se trouve dans un gros hack and slash primaire pour dĂ©zinguer de la grosse bestiole et devenir plus puissant.

Primaire ?

Bah oui. Primaire. On s'en sort avec tout au plus une dizaine de touches du clavier (souris comprise) et pour peu qu'on ait un peu l'habitude de se dĂ©placer dans un environnement 3D, le jeu ne devrait pas poser trop de problĂšmes. Pour la stratĂ©gie, il faudra repasser. Les personnages, au nombre de quatre, proposent chacun un arbre de compĂ©tences particulier qui nous donne une Ă©volution un chouia diffĂ©rente suivant la progression choisie. Ceci dit, ne vous y trompez pas, ce ne sont pas les compĂ©tences qui guideront votre avancĂ©e mais les gros guns que vous dĂ©nicherez sur les cadavres encore fumants de vos ennemis. Et oui, Borderlands, c'est crad'. Sachez que chaque ennemi a un point faible, et qu'exploiter ce point faible le mĂšnera beaucoup plus rapidement vers une mort atroce (pour les fans de Fallout 2, prenez la compĂ©tence « Brute » et savourez le rĂ©sultat). C'est gore, violent, chaotique, mais suffisamment "frais" que pour ne pas choquer tout le monde: les graphismes Ă©tant en cell shading, cela donne un cotĂ© cartoon au jeu, qui nous ramĂšne du coup dans une autre dimension ("la dimension oĂč qu'on peut tout faire sans que ça ne tue de vrais personnes"). On est loin d'un Call Of Duty 6, suffisamment bien scriptĂ© que pour avoir Ă  faire avec une vraie immersion. Ici, tout est permis, et d'ailleurs, tout le monde est mauvais (et ne manquera pas de vous le faire remarquer), Ă  part les ClapTraps, ce qui facilitera un peu les liaisons d'amitiĂ© : si ça bouge, c'est qu'on peut le tuer.

Au niveau du jeu donc, on a Ă©videmment une trame scĂ©naristique Ă  suivre, entrecoupĂ©e de gros monstres bien balĂšzes et prĂ©sentĂ©s dignement, selon les prĂ©ceptes Tarentinien, ponctuĂ©s d'un humour Ă  vif de circonstance. La progression du joueur est au final assez linĂ©aire. Seul l'attrait pour de nouveaux Ă©quipements vous poussera Ă  continuer. Certaines zones valent Ă©galement le dĂ©tour, soit pour la diversitĂ© de ses gros monstres, soit pour la topologie des lieux qui vous permettra des heures (bon allez : des quarts d'heure) de jouissance en sniper, grĂące au nouveau flingue x3 en dommage corrosifs que vous venez d'acquĂ©rir. Ouaip, au final, il n'y a que trĂšs peu de zones « cloisonnĂ©es » et vous pourrez vous y donner Ă  cƓur joie pendant des heures. Seul bĂ©mol : l'IA des ennemis n'est pas terrible : ils auront souvent tendance Ă  se diriger simplement vers vous, la hache Ă  la main et la bave Ă  la bouche. Autant pour certains, c'est comprĂ©hensible (QI de 15 au niveau le plus Ă©levĂ©, ok, c'est tolĂ©rable). D'autres par contre resteront Ă  distance Ă  tenter le sniper au lance-roquettes. Niveau stratĂ©gie, y'a mieux.

Au niveau des quĂȘtes, certains passages sont parfois un peu creux : on passe beaucoup de temps Ă  faire quelques allers-retours entre plusieurs zones, or, si Ă  l'arrivĂ©e dans une zone, cela peut reprĂ©senter un certain challenge (nouveaux ennemis, nouvelles tactiques, nouveaux lieux, nouvelles armes, nouveaux bidules, barrez les trucs inutiles), aprĂšs 3 passages, les ennemis ne prĂ©sentent finalement plus d'intĂ©rĂȘts et quelques clics de souris suffiront Ă  s'en dĂ©barrasser. Heureusement les gros mĂ©chants sont lĂ  pour soutenir un peu le rythme qui s'en prend quand mĂȘme plein la gueule Ă  un moment du jeu (aux alentours du niveau 25 ' 26, quand on dĂ©barque tant qu'on n'a pas passĂ© le canyon de Krom). De plus, les ennemis sont finalement assez peu variĂ©s : le point faible n'est donc jamais un gros problĂšme, puisqu'il est toujours identique pour les ennemis de mĂȘme « race » (la gueule pour les skags, la tĂȘte pour les humains, le dard pour les araignĂ©es, '). M'en fous de donner la solution, puisqu'au final, ça sera votre habilitĂ© Ă  manier la souris et les diffĂ©rentes armes qui vous permettront de cibler ces points faibles.

Toujours au niveau des armes, on se retrouve un peu dans l'univers de Fallout (les deux premiers hein, pas le semi-Oblivion-marketing que fût le troisiÚme) : les terrains sont parsemés de pubs en tout genre, simulant une certaine « ùme » à chacun des objets trouvés (oui, ça devient assez mystique là. Désolé). Toujours pour le rapprocher de Fallout, le monde qu'on explorera est gore, bourré de grosses bestioles pas accueillantes qui ne voudront qu'une chose : vous bouffer. Oh joie cependant, chaque bestiole rapportera sont lot de loot, allant du « cadeau » commun à l'équipement super rare de la mort qui tue en un coup (et qui vous rapportera des mille et des cents une fois revendus). L'argent d'ailleurs, il sert à quoi ? Tout d'abord à vous refaire une beauté en munitions (bah oui, les armes consomment des munitions, et une fois à court, il vous faudra combattre au corps à corps, ou prendre vos jambes à votre cou :) ), mais également à ressusciter.

Bref Borderlands, c'est un peu mon coup de coeur actuel. Ceci pour plusieurs raisons : d'abord le cotĂ© bourrin. On allume le jeu, on fait une mission, on Ă©teint l'ordi. 30 minutes et vous aurez complĂštement dĂ©compressĂ©. Ensuite les graphismes qui permettent de s'Ă©clater (et d'Ă©clater) sans vraiment mettre mal Ă  l'aise. Avec un peu d'entrainement, mĂȘme les ennemis les plus coriaces n'auront plus l'air de grosses brutes mais de simples obstacles (donc non, ce n'est pas parce qu'un gros malabar vous fonce dessus avec une gatling qu'il faut forcĂ©ment vider son chargeur dessus : on esquive un peu, on trouve le point faible, on vise la tĂȘte, on encaisse les points d'expĂ©rience et ramasse la thune. The end.) Pas besoin d'y passer nĂ©cessairement un mois complet pour devenir une grosse bĂȘte et s'amuser. On peut toujours trouver des ennemis Ă  son niveau et qui offrent un challenge suffisamment pĂȘchu que pour ne pas trop se prendre la tĂȘte. Alors bien sĂ»r, il y a quelques points qui blessent : la rĂ©pĂ©titivitĂ© de certaines missions, le fait que les ennemis soient tous si semblables, ou le manque de fun et d'action de certaines scĂšnes risquent de faire dĂ©crocher le joueur un peu prĂ©maturĂ©ment. De l'autre cotĂ©, on a des modes de jeu comme la coopĂ©ration qui promettent de s'amuser Ă  plusieurs.