Retrospective GNU/Linux

Publié le 18/08/2014

J'ai découvert Linux un peu par hasard, chez le marchand de jounaux, en achetant un Linux Magazine qui contenait une Mandrake 7.1 ou 7.2. A l'époque, pas de Live Cd, de Wubi ou de machines virtuelles: la découverte et l'installation ne faisaient qu'un: obligés d'installer l'OS pour voir de quoi il retournait. Heureusement que le dual boot était déjà d'actualité (et facile à mettre en place), sans quoi la machine familiale aurait sans doute eu droit à sa réinstallation mensuelle prématurée de Windows 98...

Apr√®s avoir scand√© partout que "Linux c'est trop bien! Au fait, comment on installe un .exe?", la chute a √©t√© relativement dure. Je me suis un peu accroch√©, et j'avoue que la premi√®re compilation de Gimp avec un tas de commandes incompr√©hensibles dans un terminal (Konsole, puisqu'il s'agissait d'un environnement KDE) √©tait sacr√©ment agr√©able pour le petit b√©b√© g33k que j'√©tais √† l'√©poque. Ceci dit, la Mandrake n'aura pas tenu longtemps. J'aurai r√©it√©r√© l'exp√©rience avec les successeuses (Mandrake 8 et 9, sorties respectivement en 2001 et 2002), mais elles n'auront pas r√©ussi √† me garder. Il faut dire aussi qu'√† l'√©poque, l'ordinateur √©tait principalement utilis√© pour du rendu 3D avec Bryce et du chat avec MSN. Pour les jeux, la PlayStation tr√īnait fi√®rement au milieu du salon.

Entretemps, la distribution Red Hat passera sur le grill (en version 7.x, principalement). J'utiliserai la 8 pour remettre un Celeron 400 à jour. Si je me rappelle bien, cela avait été la croix et la bannière pour faire fonctionner le maudit modem ("modimodem"?) de cet OS. Pas de bol: fournir une station d'accueil pour une connexion Internet, perdu au fin fond du Sud Ouest français aurait été son principal intérêt. Après cela, j'aurai suivi les principales évolutions, mais en restant bien à distance. C'est plus ou moins à ce moment-là que je me suis approché du projet Debian; en suivant pas mal de tutoriaux (et en participant assidument au forum Linux de PCInpact), j'ai réussi à la faire tourner et à la conserver pendant un petit moment. Le bonheur d'apt-get, aptitude et autres outils de gestion. Le moins-bonheur de passer en "testing puis sur Sid, avant de tout réinstaller".

Finalement, celle qui me laissera sans doute le plus de souvenirs (et d'apprentissage) sera Gentoo. Un manuel super bien fait, une communaut√© pr√©sente, des chouettes fonds d'√©cran (bah quoi? On peut √™tre geek et esth√®te :)) et beaucoup de temps de compilation devant soi m'ont permis de maintenir le syst√®me pendant pratiquement toutes mes ann√©es d'universit√©. Ubunutu commen√ßait tout doucement √† d√©coller √† ce moment-l√†, je l'aurai essay√© et utilis√©e (puisqu'install√©e par d√©faut dans les salles informatiques, √† d√©faut d'une Red Hat non maintenue √† jour). Cette derni√®re aura beaucoup plus touch√© les foules, mais pas au m√™me titre que la Gentoo, qui donnait r√©ellement l'impression de ma√ģtriser le syst√®me. Je ne pense pas que les flags et les optimisations possibles de GCC aient r√©ellement agit sur la rapidit√© du syst√®me, mais il est clair que la documentation qu'il fallait potasser avant d'arriver √† quelque chose m'a appris BEAUCOUP. Mais au final, c'√©tait juste g√©nial d'avoir des d√©p√īts complets, faciles √† utiliser (parce que oui, √† part le Stage 1 de l'installation, la maintenance demandait principalement du temps de compilation, pas du temps de compr√©hension par l'utilisateur). Et quand il a fallu installer un compilateur/interpr√©teur Cobol (tinyCobol) sur la machine h√īte, cela a √©t√© fait en deux coups de cuill√®re √† Portage. Sans parler de la configuration de l'acc√®s SSH pour tous mes potes √©tudiants qui n'avaient pas ce qu'il fallait chez eux, qui s'embourbaient dans des compilations de d√©pendances incompatibles avec leur syst√®me ou qui n'y comprenaient simplement rien. Bref, joie, bonheur et cotillons (et un peu de frime aussi, j'avoue).

L'installation d'un adaptateur Wifi non supporté a fini d'achever ma distribution et me forcera à revenir à Windows XP. Puis Vista (pour essayer). Puis 7 (par commodité). Entretemps, j'aurai eu l'occasion d'essayer également une Arch Linux, cousine de Gentoo, mais présentant plus de facilité (et de rapidité) pour l'installation: les paquets étant tous déjà compilés pour une architecture commune (x86 ou x86_64), pas besoin de compiler chaque paquet pour les besoins spécifiques du processeur.

En 2010, je passerai finalement sur une Fedora, dont j'avais plus ou moins suivi les d√©buts, mais que j'avais abandonn√© suite aux d√©boirs de la Red Hat 8. Si je me rappelle bien, Yum n'en √©tait encore qu'√† ses d√©buts... Le passage √† une Fedora 15 pr√©sentait forc√©ment quelques (gros) changements par rapport √† une simple Red Hat 8 :) Les versions se succederont finalement jusqu'√† la Fedora 20, o√Ļ, pris d'une soudaine envie d'essayer la derni√®re version de Windows (et ayant envie d'avancer sur un gros projet .Net, avec Visual Studio), je scraperai compl√®tement mes partitions pour revenir sur le monde Microsoftien. Qui ne durera finalement que quelques semaines, le temps de constater que oui, Windows 8.1 n'est pas si mal, mais que non, d√©finitivement, Linux me convient mieux!

Du coup, ayant envie de revenir un peu sur Arch Linux que j'apprécie tout particulièrement, mais n'ayant pas envie de me retaper toute l'installation, configuration, chroot et tout le bordel, je passerai sur une Antergos, avec (quitte à faire du changement), KDE, environnement sur lequel je n'étais plus revenu depuis ... la Mandrake 7.1.